Manifeste pour la France

 

Je veux réparer l’outil politique

La France connaît une crise de régime, avec une remise en cause de ses institutions, des doutes quant à la vertu de ses dirigeants et des critiques concernant l’efficacité de ses politiques publiques. Pour réparer l’outil politique, il faut donc agir sur plusieurs leviers en même temps.

 

1. En défendant la souveraineté de la France au sein d’une Europe des nations

Les transferts de souveraineté et de compétences à l’échelon européen ont affaibli l’État et éloigné la prise de décision du citoyen. La France doit donc récupérer les compétences essentielles à l’exercice de sa souveraineté et l’UE se concentrer uniquement sur les secteurs pour lesquels elle est un démultiplicateur de puissance des États.

 

2. En revenant à l’esprit de la Vème République

Les différentes réformes menées depuis 30 ans ont perverti l’esprit de la Vème République, affaibli la capacité d’action du politique et déséquilibré nos institutions. Le passage au quinquennat, loin d’avoir amélioré l’efficacité de notre système politique, est l’une des causes majeures de la déstabilisation de nos institutions. C’est pourquoi il faut revenir dessus et instaurer un mandat de 8 ans non renouvelable pour le président de la République ; pour permettre une respiration démocratique régulière, cette réforme doit être accompagnée d’un renouvellement par moitié, tous les 4 ans, de l’Assemblée nationale. Cette régénération institutionnelle doit aller de pair avec une réforme d’ampleur de notre système juridique et judiciaire permettant au pouvoir politique, dans le respect de l’État de droit, de retrouver des marges de manœuvres.

 

 

3. En restaurant l’État stratège pour corriger les effets négatifs de la décentralisation

Les vagues de dévolution de compétences depuis 1982, principalement au profit des régions, ont désorganisé l’État, sans améliorer l’efficacité des services publics, ni mettre fin à la défiance des Français envers le politique. Elles ont permis l’émergence d’une nouvelle forme de féodalité avec des barons locaux. Enfin, les moyens viennent à manquer pour financer le mille-feuille administratif. Il faut donc clarifier les compétences de chaque collectivité et prendre acte que les conséquences de la mondialisation impliquent un traitement différencié entre métropoles, territoires périurbains et territoires ruraux. Il faut aussi revoir la carte régionale en l’adaptant aux cultures et identités locales : les nouvelles régions Grand Est ou Hauts-de-France ne correspondent à aucune réalité locale.

4. En remettant notre Mouvement en ordre de marche pour en faire une véritable famille où les candidatures sont un aboutissement et non une fin en soi

Les mouvements politiques doivent servir à réfléchir, investir, militer et former. Aujourd’hui, ceux-ci ne font qu’investir dans le financement des campagnes électorales et le militantisme peut se résumer à se placer en vue d’obtenir un poste. Il n’y a plus de réflexion interne sur les grands enjeux contemporains et les moyens de répondre aux défis qu’ils posent. Rien n’est entrepris pour former les futurs cadres politiques de demain. Il faut donc que notre Mouvement devienne une véritable famille politique accomplisse un travail intellectuel en profondeur pour rénover et moderniser son logiciel idéologique.

   

 

Je veux entreprendre une renaissance idéologique

L’aspiration des Français au renouvellement ne concerne pas uniquement les pratiques et les visages politiques. Ils attendent aussi des idées et des solutions qui permettent de faire face aux nouveaux défis du 21e siècle. Pour cela, la droite doit faire confiance aux nouvelles générations ayant émergé depuis 2014, mais aussi entamer sa renaissance idéologique.

 

5. En faisant du gaullisme la matrice d’une République forte dans une France souveraine

Alors qu’elles sont revendiquées d’un bout à l’autre du champ politique, notre mouvement a tout simplement occulté ses racines, lorsqu’il ne les a pas oubliées ou reniées. À tel point qu’aujourd’hui, tout le monde se proclame gaulliste, tout le monde fait appel à la figure tutélaire du Général de Gaulle, tout le monde célèbre sa posture comme ses réalisations. Tout le monde… sauf nous ! Les Français sont en demande de démocratie mais aussi d’autorité et de verticalité. Par sa philosophie, le gaullisme est le plus à même de restaurer l’autorité de l’État, de défendre l’indépendance et la souveraineté de la France, tout en réconciliant les Français avec leurs institutions démocratiques.

 

6. En réinventant notre modèle social pour protéger les Français des dérives de la mondialisation

Les Français, particulièrement ceux issus classes moyennes et populaires, souffrent depuis plusieurs décennies des conséquences de la mondialisation fondée sur le libre-échange sans entraves, les délocalisations dans les pays à bas coûts de production, et la financiarisation de l’économie. Il faut donc entamer une réflexion sur les modes de financement de notre modèle social et les prestations offertes par celui-ci, pour concilier compétitivité économique avec solidarité et responsabilité. De même, l’Union européenne doit cesser de vouloir être absolument le bon élève de la mondialisation et exiger réciprocité et loyauté dans les échanges commerciaux avec ses partenaires. À chaque niveau, les efforts doivent être partagés pour que soient mieux répartis les fruits de la croissance.

 

7. En libérant les énergies des forces créatives et productives

La France souffre d’un déficit de compétitivité dans la compétition économique internationale. Il faut donc renforcer le cadre réglementaire et fiscal favorable à l’innovation, et l’étendre aux secteurs productifs non-délocalisables, par exemple en ciblant les baisses de charges sur les agriculteurs et les indépendants.

 

 

Je veux moderniser la France

Après plusieurs décennies d’absence de réformes ou d’initiatives limitées – lorsqu’elles ne sont pas tuées dans l’œuf par les corps intermédiaires, il est urgent de moderniser la France pour la rendre apte à se battre dans la mondialisation. C’est surtout une nécessité pour garantir la cohésion nationale et répondre à la crise de civilisation que nous subissons. Il faut donner aux Français la vision d’une France positive.

 

 

8. En sauvegardant notre mode de vie

Loin de faire œuvre de subsidiarité et de favoriser le développement à l’échelon local, la décentralisation, la construction européenne et la mondialisation ont accru les inégalités sociales mais aussi les inégalités territoriales, entre les métropoles d’un côté et la France périphérique de l’autre. Il faut donc renouer avec une véritable politique d’aménagement du territoire, sans laquelle il ne sera pas possible de conserver notre art de vivre à la française. Cette sauvegarde de notre mode de vie passe également par la défense de notre héritage culturel judéo-chrétien et des valeurs de la République laïque, éléments indissociables et non-négociables de l’identité française.

 

9. En associant les travailleurs aux fruits de la croissance

La mondialisation commerciale et financière et ses conséquences obligent à repenser notre rapport au partage des fruits de la croissance et de la valeur ajoutée. Il faut donc amplifier les mécanismes d’intéressement et de participation des salariés aux bénéfices des entreprises, ce qui permettra d’ailleurs de changer les rapports entre salariés et chefs d’entreprises et de fluidifier le dialogue social.

 

10. En réfléchissant aux nouveaux enjeux liés au vivant, à l’écologie et au numérique

Nous sommes entrés dans l’ère de la troisième révolution industrielle mais nous n’en avons pas tiré toutes les conséquences au niveau de notre logiciel idéologique. Il faut résister à la tentation de céder à la mode du « bougisme » et des solutions de court-terme en matière de nouvelles technologies ou de protection de l’environnement, sans en apprécier les conséquences. Il faut en revanche investir massivement les domaines du numérique, des biotechnologies, des nouvelles énergies, de la sécurité alimentaire ou encore de la biomédecine, pour ne pas laisser les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon et leurs acolytes) les préempter. Ces enjeux sont un des piliers fondamentaux de la souveraineté de demain et, partant, la garantie de la liberté des générations futures. Il est également nécessaire d’entamer une véritable réflexion sur les nouveaux enjeux du vivant d’un point de vue éthique, social et économique.